Grippe, rhinopneumonie, gourme : reconnaître les risques et organiser la prévention à l’écurie

Chevaux en bonne santé dans une écurie propre et bien ventilée, avec des boxes séparés et du matériel de prévention soigneusement organisé.

Grippe équine, rhinopneumonie et gourme ont des signes respiratoires proches au départ : fièvre, abattement, jetage nasal ou toux. Elles ne relèvent pourtant pas du même agent infectieux et n’exposent pas l’écurie aux mêmes complications.

Face à un cheval fébrile ou qui tousse, l’objectif est simple : limiter les contacts, surveiller l’évolution et appeler le vétérinaire. Seul un examen clinique, complété si besoin par des prélèvements, permet d’identifier la cause.

Trois maladies contagieuses à ne pas confondre

La grippe et la rhinopneumonie sont dues à des virus. La gourme est une infection bactérienne causée par Streptococcus equi. Toutes se transmettent surtout par les sécrétions respiratoires, les mains, les vêtements, le matériel et les déplacements de chevaux.

AffectionSignes souvent observésPoints de vigilance
Grippe équineFièvre souvent brutale, toux sèche et fréquente, jetage clair, fatigue.Diffusion rapide dans un effectif sensible ; baisse de forme durable si le repos est trop court.
RhinopneumonieFièvre, jetage, toux modérée ou absente, baisse d’appétit.Certains virus équins peuvent aussi provoquer des avortements ou des troubles neurologiques.
GourmeFièvre, jetage épais, ganglions sous-gorge douloureux, parfois abcès et gêne pour avaler.Les écoulements et le pus contaminent facilement les seaux, licols et abreuvoirs.

Un jetage épais et des ganglions très sensibles orientent davantage vers la gourme, sans suffire à l’affirmer. Une rhinopneumonie peut rester discrète sur le plan respiratoire ; la prise de température aide donc à repérer tôt un cheval atteint.

Une fièvre, même isolée, mérite d’être signalée lorsqu’elle survient après une sortie, une arrivée récente ou un contact avec un cheval malade. Suspendre les déplacements évite d’étendre le foyer avant le diagnostic.

Les premiers réflexes dès l’apparition de signes

Isolez le cheval dans l’attente de l’avis vétérinaire et stoppez les rassemblements, cours collectifs, transports et prêts de matériel. Prévenez sans délai les propriétaires, le responsable d’écurie et les intervenants concernés.

Prenez la température matin et soir de tous les chevaux ayant eu un contact rapproché avec lui. Consignez les résultats, la date des signes, les déplacements récents et les contacts : ces données guident le vétérinaire et facilitent le suivi d’un foyer.

  • Soignez les chevaux sains avant d’entrer dans la zone d’isolement.
  • Réservez au cheval suspect un licol, un seau, une longe, des brosses et une fourche.
  • Lavez les mains et changez de surblouse ou de vêtements après chaque passage.
  • Évitez de partager abreuvoirs, mangeoires, douches et aires de pansage.

Le RESPE diffuse des informations de surveillance sanitaire utiles lors de déclarations de cas. Le vétérinaire adapte ensuite les tests, les soins, la durée d’isolement et les conditions de reprise selon la maladie identifiée.

Aménager un espace d’isolement qui limite les contaminations

Choisissez un box éloigné de l’allée principale, des points d’eau communs et des chevaux fragiles. Une séparation physique aide, mais le circuit de soins compte tout autant : une porte fermée ne bloque ni les mains ni le matériel contaminé.

Prévoyez une signalétique claire, un bac de rangement réservé et un point d’hygiène à la sortie. Stockez le fumier et la litière souillée séparément, selon les consignes de l’écurie et du vétérinaire, pour éviter les manipulations inutiles.

Une bonne aération réduit l’humidité et l’accumulation de poussières, sans placer le cheval dans un courant d’air froid. Nettoyez les surfaces souillées après retrait de la matière organique, car un désinfectant agit mal sur une mangeoire ou un sol encore sales.

Vaccination, récupération et suivi du cheval

La vaccination réduit le risque et la gravité de certaines infections, sans supprimer toute possibilité de contamination. Le protocole dépend de l’âge, des déplacements, de la vie en collectivité et des exigences de compétitions ; le vétérinaire le fixe avec le détenteur.

Un cheval convalescent reprend le travail après disparition des signes et validation vétérinaire. La fatigue post-infectieuse, la toux persistante ou une température instable justifient de prolonger le repos et de reprendre progressivement la marche puis l’exercice.

Surveillez les membres lors d’une période d’activité réduite : chaleur, engorgement ou douleur demandent un avis professionnel. Des mesures de mobilisation adaptées participent au confort, tandis que la prise en charge d’une lymphangite chez le cheval reste distincte d’une infection respiratoire.

Grippe, rhinopneumonie, gourme : les signes qui imposent une urgence

Contactez rapidement le vétérinaire si le cheval respire avec effort, refuse de boire, reste très abattu, présente un gonflement marqué de la gorge ou ne peut pas avaler. Une fièvre élevée ou persistante justifie aussi une évaluation sans attendre.

Après une suspicion de rhinopneumonie, tout trouble de l’équilibre, faiblesse des postérieurs, difficulté à uriner ou avortement constitue une urgence sanitaire. L’isolement précoce, la surveillance de l’effectif et des consignes cohérentes protègent le cheval malade comme ses congénères.

5 commentaires

  1. Le point sur la gourme est vraiment crucial, on la banalise encore trop souvent ! Entre les seaux prêtés, les licols qui circulent et les mains pas lavées, ça peut vite devenir infernal dans une écurie. Et pour la rhinopneumonie, le côté parfois très discret fait franchement peur, surtout quand il y a des juments gestantes sur place.

    1. Petit réflexe simple : avoir un thermomètre réservé à chaque cheval malade et le désinfecter quand même après usage.

  2. À l’écurie, on a arrêté de discuter devant un cheval qui tousse : température, box à part et appel au véto. Ça évite surtout de laisser les autres partir en concours entre-temps.

    1. Oui, et noter les températures matin et soir est utile, même chez les chevaux qui semblent normaux. Sur certains foyers de rhinopneumonie, la fièvre précède les autres signes de plusieurs jours.

  3. Clair et rassurant à la fois. La prise de température devrait devenir un réflexe après chaque déplacement 🙂

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